Synthèse sur l'Asile et la Migration 2024 – Belgique et UE (REM)

La Synthèse sur l'Asile et la Migration 2024 du Réseau Européen des Migrations (REM) présente un aperçu des évolutions légales et politiques aux niveaux européen et national. Elle couvre différents sujets liés à la migration et à l’asile, enrichie par des statistiques d’Eurostat ainsi que par des données nationales, pour la période de janvier à décembre 2024.

Cette année, le rapport annuel du Réseau Européen des Migrations change de nom pour devenir la "Synthèse sur l’Asile et la Migration", afin de le distinguer du futur Rapport annuel européen sur l’asile et la migration, qui sera publié par la Commission européenne conformément au Règlement (UE) 2024/1351. La contribution belge et la synthèse européenne résumées ci-dessous conservent la même structure que dans les éditions précédentes.

Synthèse sur l'Asile et la Migration 2024 - Rapport belge

Le rapport belge met en évidence plusieurs évolutions majeures dans les politiques d’asile et de migration, ainsi que des changements politiques influençant la gouvernance de l’asile et de la migration, notamment :

  • La Belgique a organisé des élections fédérales et régionales en juin 2024. Un nouveau gouvernement fédéral est entré en fonction en janvier 2025, nommant Anneleen Van Bossuyt au poste de Ministre de l’Asile et de la Migration.
     
  • En 2024, les entités fédérées de Belgique ont adopté de nouvelles lois sur la migration de travail afin de simplifier les procédures, protéger les travailleurs et répondre aux pénuries de main-d’œuvre.
     
  • En 2024, la Belgique a reçu 39.615 demandes de protection internationale, soit une hausse de 11,6 % par rapport à l’année précédente. La capacité d’accueil a augmenté pour atteindre 36.205 places, mais une liste d’attente de 2.809 personnes subsistait à la fin de l’année.
     
  • La protection temporaire a été accordée à 92.257 personnes fuyant l’Ukraine. Les mesures de soutien concernant l’hébergement, l’éducation et les soins de santé se sont poursuivies.
     
  • Le nombre de mineurs non-accompagnés a diminué, entraînant des ajustements de la capacité d’accueil. Le retard dans la désignation des tuteurs a été résorbé.
     
  • Les gouvernements régionaux ont révisé leurs politiques d’intégration, en mettant l’accent sur l’accessibilité, l’équité, la reconnaissance des compétences et l’information destinée aux nouveaux arrivants.
     
  • La Belgique a fait progresser les préparatifs législatifs et opérationnels pour les systèmes de gestion des frontières de l’UE et a poursuivi la numérisation des procédures de visa.
     
  • Les efforts contre la migration irrégulière ont inclus un renforcement des enquêtes sur le trafic de migrants ainsi que des campagnes de sensibilisation aux risques liés à la migration dangereuse.
     
  • De nouvelles lois ont renforcé la lutte contre la traite des êtres humains en permettant aux communes de réaliser des contrôles d’intégrité dans les secteurs économiques liés au crime organisé et en réglementant le travail sexuel dans le cadre de contrats de travail.
     
  • Les procédures de retour ont été réformées en 2024 avec de nouvelles règles élargissant les escortes autorisées, exigeant la coopération des migrants, reconnaissant l’ICAM comme alternative à la détention, et interdisant la détention des familles avec enfants. Au total, 3.371 retours volontaires et 3.270 retours forcés ont été effectués.

Pour plus de détails, veuillez consulter (en anglais) le rapport belge ci-dessus.

Synthèse sur l'Asile et la Migration 2024 - Rapport européen

Le rapport européen met en lumière les principaux changements législatifs et opérationnels, les influences géopolitiques ainsi que les différentes réponses des pays membres et observateurs du REM. Le rapport complet et interactif est disponible ici : EMN Asylum and Migration Overview 2024. Parmi les développements clés en 2024, on peut noter entre autres ce qui suit:

  • L’année 2024 a été marquée par une instabilité géopolitique persistante tant dans le voisinage immédiat de l’UE qu’au-delà, avec plusieurs crises telles que la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, les conflits au Moyen-Orient et les troubles dans diverses régions d’Afrique, influençant fortement les flux migratoires.
     
  • Les passages irréguliers aux frontières de l’UE ont diminué de 38 % par rapport à 2023, notamment sur les routes de la Méditerranée centrale et des Balkans occidentaux.
     
  • Plusieurs États membres ont adopté des politiques d’asile et de migration plus restrictives, invoquant des raisons telles que la sécurité nationale, les abus des voies migratoires, la pression sur les systèmes d’asile et d’accueil, la pénurie de logements et les défis d’intégration.
     
  • Les premières demandes de protection internationale dans l’UE et en Norvège ont diminué de 13 %, tandis que de nombreux pays ont étendu ou réorganisé leurs systèmes d’accueil et mis en place des mesures pour améliorer l’efficacité des procédures de protection internationale.
     
  • La législation de l’UE sur la gestion des frontières a progressé avec l’adoption du Code frontières Schengen révisé et du Règlement sur le filtrage, tandis que la Bulgarie et la Roumanie ont rejoint l’espace Schengen pour les frontières aériennes et maritimes.
     
  • La protection temporaire des personnes fuyant la guerre en Ukraine a été prolongée jusqu’en mars 2026, les pays membres et observateurs se concentrant sur la transition des mesures d’urgence vers des approches plus durables et à long terme.
     
  • Les politiques de migration du travail ont évolué pour répondre aux pénuries de compétences, avec des réformes au niveau de l’UE et national visant à faciliter les admissions, renforcer la protection des travailleurs et améliorer l’accès des ressortissants de pays tiers. Parmi les mesures figurent la révision de la directive sur le permis unique, les progrès réalisés dans le cadre des partenariats pour les talents, ainsi que la simplification des procédures de permis de travail dans les secteurs clés.
     
  • Les politiques d’intégration se sont concentrées sur l’accès à l’emploi, à l’éducation, à l’apprentissage des langues et à la lutte contre la discrimination. Plusieurs pays ont mis à jour leurs stratégies, lancé des programmes d’orientation civique et des outils numériques, tout en s’attaquant aux obstacles à l’inclusion précoce et à la mobilité des nouveaux arrivants.
     
  • En juin 2024, l’UE a adopté la directive révisée contre la traite des êtres humains, incluant de nouvelles formes d’exploitation telles que la gestation pour autrui, le mariage forcé et l’adoption illégale ; les États membres doivent transposer cette directive d’ici la mi-juillet 2026.
     
  • Les efforts en matière de retour et de réadmission se sont concentrés sur la mise en oeuvre des mesures d'éloignment et la coopération opérationnelle, incluant des opérations conjointes et de nouveaux accords bilatéraux. Le retour volontaire et la réintégration ont été encouragés, avec une attention accrue portée à une réintégration durable et à la prévention des migrations ultérieures.

Pour plus de détails, veuillez consulter le rapport européen ci-dessus.

Publication Date:
mer 09 juil 2025
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EMN
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