L'intégration sur le marché du travail des bénéficiaires d'une protection temporaire d'Ukraine (Fiche d'information du REM - OCDE)
Cette fiche d'information, élaborée conjointement par le Réseau Européen des Migrations et l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques, propose une analyse des tendances en matière d'emploi ainsi que des priorités politiques et des mesures visant à faciliter l'intégration des personnes déplacées d'Ukraine sur les marchés du travail des pays d'accueil.
Le 4 mars 2022, la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil a établi une protection temporaire pour les personnes déplacées en provenance d'Ukraine et leur a accordé un ensemble de droits harmonisés, y compris le droit de travailler comme employé ou indépendant. Les données d'Eurostat révèlent qu'au 31 décembre 2023, plus de 4,31 millions de citoyens non-européens ayant fui l'Ukraine bénéficiaient d'une protection temporaire dans l'Union européenne. L'Allemagne, la Pologne et la République tchèque accueillaient environ 60 % de ces bénéficiaires de la protection temporaire.
Dans ce contexte, cette fiche d'information vise à (i) examiner les caractéristiques démographiques et socio-économiques des bénéficiaires de la protection temporaire qui sont les plus pertinentes pour leur intégration sur le marché du travail, (ii) analyser les données existantes relatives à l'intégration sur le marché du travail de ces bénéficiaires (malgré les limitations des données) et (iii ) cartographier les politiques, structures et mesures ciblées dans les pays d'accueil pour faciliter leur intégration sur le marché du travail.
Entre autres points clés, plusieurs conclusions se dégagent :
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La plupart des bénéficiaires de la protection temporaire sont des jeunes femmes en âge de travailler, la plupart avec des enfants ou fuyant avec des personnes de plus de 60 ans. Les femmes déplacées d'Ukraine sont donc confrontées à un certain nombre d'obstacles à leur intégration sur le marché du travail, notamment les obligations de garde d'enfants, la connaissance limitée de la langue locale, l'inadéquation des compétences, les difficultés de reconnaissance des compétences, le risque d'exploitation, l'éclatement des unités familiales et les incertitudes quant à la durée de leur intégration. Cependant, par rapport aux autres femmes réfugiées, certaines caractéristiques des bénéficiaires de la protection temporaire facilitent l’intégration sur le marché du travail, comme le profil éducatif, les réseaux professionnels et sociaux existants et l’accès immédiat à l’emploi.
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Les pays membres et observateurs du REM et les pays de l'OCDE non-membres de l'UE signalent une augmentation notable du nombre total de bénéficiaires de la protection temporaire employés entre septembre 2022 et 2023. Cependant, ces taux d'emploi varient selon les pays. En Belgique, le taux d'emploi des bénéficiaires de la protection temporaire est passé de 11 % en septembre 2022 à 17 % en septembre 2023, tandis qu'aux Pays-Bas, ce taux d'emploi est passé de 44 % en novembre 2022 à 55 % en novembre 2023.
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En septembre 2023, dans les pays d'accueil, les bénéficiaires de la protection temporaire étaient principalement employés dans les secteurs suivants : (i) services d'hébergement et de restauration, (ii) activités de services administratifs et de soutien, (iii) industrie manufacturière, (iv) commerce de gros et de détail et (v) construction.
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Les données des pays membres et observateurs du REM mettent en évidence le niveau élevé d’éducation parmi les bénéficiaires de la protection temporaire, avec plus de 60 % d’entre eux ayant terminé des études supérieures dans certains pays. Il existe néanmoins d’importantes disparités entre leur éducation et/ou leur emploi antérieur en Ukraine et leur emploi actuel dans les pays d’accueil, souvent dans des métiers peu qualifiés.
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Les défis liés à la reconnaissance des qualifications, les inadéquations potentielles de qualifications, les barrières linguistiques et l’incertitude quant à la durée de leur séjour ont pu conduire les bénéficiaires de la protection temporaire et les autorités des pays d’accueil à donner la priorité à un emploi précoce dans des emplois peu qualifiés plutôt qu’à un emploi hautement qualifié.
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Les pays d'accueil affichent des politiques, des stratégies et des priorités variées pour faciliter l'intégration des bénéficiaires de la protection temporaire sur le marché du travail. Même si des thèmes communs tels que l’accès immédiat au marché du travail et la promotion de l’autosuffisance prédominent, un soutien adapté et des approches sectorielles soulignent la nécessité de flexibilité. L’acquisition de la langue et l’alignement des qualifications apparaissent comme des éléments cruciaux de l’intégration. Diverses stratégies telles que le conseil individuel, les services à guichet unique et les initiatives sectorielles visent à faciliter l'intégration sur le marché du travail. Les efforts en cours comprennent également des campagnes de sensibilisation, ainsi que des efforts de collaboration et des partenariats entre le secteur privé, la société civile à but non lucratif et les organisations publiques.
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Les pays hôtes font état de mesures visant à aider les bénéficiaires de la protection temporaire à passer du chômage à l’autosuffisance économique (ce que l’on appelle les mesures de transition). La plupart font référence à des mesures de soutien générales, mais ne fournissent pas d'assistance ciblée aux bénéficiaires de la protection temporaire employés qui ont du mal à répondre à leurs besoins fondamentaux.
Pour plus d’informations, veuillez lire la fiche d’information ci-dessus.