Rapport annuel sur la traite et le trafic d'êtres humains 2025 (Myria)
Myria, le Centre fédéral Migration et rapporteur national indépendant sur la traite des êtres humains, a publié son rapport annuel indépendant et public « Victimes : les voir, les écouter » le 8 décembre 2025. Le rapport attire l’attention sur les vulnérabilités psychologiques des victimes de traite des êtres humains et appelle, notamment, à un renforcement de la formation et de la spécialisation des professionnels sur les vulnérabilités psychologiques spécifiques et les besoins de ces victimes.
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Le rapport offre un aperçu complet de la situation de la traite et du trafic d’êtres humains en Belgique en 2024, en combinant des données statistiques, des analyses de dossiers et un focus approfondi sur les vulnérabilités psychologiques des victimes. Il examine comment ces vulnérabilités influencent la capacité des victimes à participer aux procédures pénales, met en lumière les bonnes pratiques en matière de détection, d’accompagnement et d’audition des victimes, et présente le rôle des centres d’accueil spécialisés ainsi que des acteurs judiciaires.
S’appuyant sur ces constats, le rapport formule des recommandations concrètes visant à garantir que les vulnérabilités psychologiques et les besoins spécifiques des victimes soient correctement pris en compte tout au long du processus judiciaire et de l’accompagnement :
- Garantir la formation et la spécialisation des professionnels: Veiller à ce que les acteurs de première ligne, les magistrats et autres professionnels du droit soient formés pour reconnaître et prendre en compte les vulnérabilités psychologiques et les besoins spécifiques des victimes de traite des êtres humains.
- Offrir légalement la possibilité de prolonger la période de réflexion de 45 jours à trois mois: Permettre aux victimes ayant subi des traumatismes graves de disposer de plus de temps pour se rétablir avant de décider de participer ou non à la procédure pénale.
- Garantir le droit à une assistance juridique gratuite dès le début de l'enquête et tout au long de la procédure: Veiller à ce que toutes les victimes de traite disposent d’une représentation juridique pendant l’enquête et la procédure judiciaire.
- Mettre l’accent sur une rédaction appropriée des rapports par les services de police: Veiller à ce que la mention « traite des êtres humains » soit cochée dans les rapports administratifs de contrôle d’étrangers afin de faciliter l’identification et l’orientation des victimes.
- Offrir un environnement sûr et de confiance lors des auditions des victimes: Adapter les conditions d’audition aux vulnérabilités des victimes afin de soutenir leur sécurité émotionnelle, leur capacité de mémoire et leur disposition à collaborer.
- Porter une attention particulière aux spécificités des victimes dans les procès-verbaux d’audition: L’anonymisation de certaines données personnelles et la consignation objective du langage non verbal dans les procès-verbaux officiels peuvent renforcer la sécurité des victimes, leur confiance et la qualité des preuves.
- Tenir compte du fonctionnement de la mémoire des victimes dans les protocoles d’audition et la formation: Former les professionnels à comprendre comment le traumatisme et la mémoire peuvent influencer les déclarations des victimes et éviter toute interprétation erronée des incohérences.
- Poursuivre le financement structurel des centres d’accueil spécialisés: Garantir que ces centres puissent offrir un accompagnement sécurisé et adapté, incluant un soutien psychologique gratuit.
- Renforcer la sensibilisation des juges et du ministère public aux vulnérabilités des victimes: Veiller à ce que les acteurs judiciaires comprennent l’impact du traumatisme sur les témoignages et limitent le risque de victimisation secondaire.
Pour plus d’informations, veuillez consulter le rapport complet ci-dessus.