Prisme appelle à des procédures d’accueil et d’asile plus inclusives pour les personnes LGBTQIA+ en Belgique
Le 17 mai, à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie (IDAHOBIT), l’organisation Prisme a publié un ensemble de recommandations mettant en lumière les défis auxquels sont confrontées les personnes LGBTQIA+ en quête de protection internationale en Belgique. Ces constats soulignent plusieurs lacunes du système d’accueil et d’asile et proposent des mesures pour garantir des procédures plus inclusives.
Parmi les divers constats et recommandations contenus dans le dossier, les trois points suivants – présentés de manière non exhaustive – illustrent certains des enjeux soulevés par les professionnel·les et acteur·rices travaillant avec les personnes LGBTQIA+ en demande de protection internationale en Belgique :
- Manque de structures d’accueil adaptées : Les intervenant·es rapportent que les personnes LGBTQIA+ hébergées en centre d’accueil sont souvent exposées à des violences psychologiques, physiques et sexuelles. En cas d’agressions homophobes ou transphobes, c’est fréquemment la victime qui est déplacée, tandis que les auteurs sont rarement sanctionnés. Plusieurs intervenant·es plaident pour la création ou le développement de centres d’accueil spécifiquement dédiés aux personnes LGBTQIA+ en demande de protection.
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Manque de formation et de ressources : Le rapport souligne l’urgence de former le personnel des centres d’accueil, les travailleurs sociaux ainsi que les interprètes aux besoins spécifiques et à la terminologie liée aux personnes LGBTQIA+. Cela permettrait une meilleure compréhension des violences qu’elles subissent et un accompagnement adapté. Cependant, le service d’interprétation « Univerbal », spécialisé dans ces thématiques, manque actuellement de moyens financiers pour répondre à toutes les demandes. Plusieurs intervenant·es insistent également sur la nécessité d’améliorer les connaissances LGBTQIA+ des agents du Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides (CGRA), ou à défaut, d’adapter les questions des entretiens pour qu’elles soient moins genrées et moins centrées sur des référentiels occidentaux.
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Approche centrée sur l’Occident et délais excessifs : Selon les professionnel·les, la procédure d’asile ne prend pas suffisamment en compte les réalités spécifiques de certains pays d’origine. Dans des contextes où exprimer publiquement son orientation sexuelle ou son identité de genre est dangereux voire impossible, il devient particulièrement difficile pour les demandeur·euses de prouver leur homosexualité ou leur transidentité. Par ailleurs, les délais d’attente — pouvant atteindre trois ans voire plus — compromettent les processus d’intégration tels que le logement, l’emploi et les relations sociales, tout en provoquant une souffrance psychologique importante.
En conclusion, Prisme appelle les autorités belges à augmenter le budget alloué aux associations et aux Maisons Arc-en-Ciel, à créer et soutenir des centres d’accueil spécifiquement dédiés aux personnes LGBTQIA+, à former et sensibiliser l’ensemble des acteurs concernés, à assurer une meilleure cohérence institutionnelle ainsi qu’un suivi transversal, à promouvoir l’insertion sociale et professionnelle, et à faciliter la prise en compte du vécu des personnes LGBTQIA+ tout au long de la procédure d’asile.
Pour plus d'informations, veuillez lire le communiqué de Prisme.