Myria tire la sonnette d'alarme sur la politique de regroupement familial du nouveau gouvernement
Myria, le Centre fédéral Migration, estime que les mesures annoncées par le gouvernement fédéral dans son "accord de Pâques" portent atteinte au droit de vivre en famille des étrangers. L'institution annonce dans un communiqué publié ce mardi avoir fait part de ses observations au gouvernement et dit espérer un dialogue constructif.
Le 29 avril, Myria, le Centre fédéral Migration, a publié un communiqué de presse dans lequel il estime que les mesures reprises dans "l'accord de Pâques", un paquet de mesures de crise adopté par le Conseil des Ministres le 11 avril, portent atteinte au droit de vivre en famille des étrangers. "Pour Myria, les mesures annoncées portent atteinte au droit de vivre en famille des étrangers et risquent de se révéler contreproductives en termes d’intégration. Pour les familles qui veulent se retrouver mais ne le peuvent pas, la séparation provoque un stress intense, un isolement social et des difficultés économiques, qui les empêchent de vivre normalement.", souligne le communiqué de presse.
Le regroupement familial reste l'un des canaux de migration vers la Belgique les plus importants, et est soumis à de nombreuses conditions, selon la situation. Ils deviennent désormais beaucoup plus stricts. Myria dénonce notamment:
- L'augmentation du montant des ressources : l’une des conditions les plus importantes est que la personne résidant déjà en Belgique dispose de « moyens de subsistance suffisants, stables et réguliers », indépendamment des éventuelles prestations. Ce montant sera augmenté pour atteindre 110 % du revenu mensuel minimum garanti et sera majoré de 10 % pour chaque personne supplémentaire. Cela équivaut à 2.745 euros net pour un travailleur voulant être rejoint par sa compagne et deux enfants. Myria estime que cette condition n'est pas réaliste, en particulier pour les bénéficiaires de protection internationale.
- La réduction du délai d'introduction de la demande de réfugiés : le gouvernement a annoncé souhaiter réduire de douze à six mois le délai au cours duquel les membres de famille des réfugiés peuvent introduire leur demande de regroupement familial sans devoir démontrer le respect des conditions matérielles. "Myria craint qu'un tel délai soit très difficile à respecter".
- L'instauration d'une période d'attente pour les bénéficiaires de protection subsidiaire : ceux-ci devront désormais attendre deux ans avant de pouvoir demander le regroupement familial, avec une exception pour les mineurs non-accompagnés. En outre, ils doivent immédiatement satisfaire aux nouvelles exigences en matière de revenus.
Dans une lettre adressée à la Ministre, l'institution prévient que l'accord de Pâques du gouvernement sans mesures supplémentaires pour les réfugiés pourrait constituer une violation de la Convention européenne des droits de l'homme.
Consultez le communiqué de presse de Myria, ainsi que les articles de la RTBF ou De Standaard.