Le REM Belgique réunit des experts pour examiner les modalités d’accueil et de soutien aux demandeurs de protection internationale autres qu’en nature
Les 15 et 16 décembre 2025, le REM Belgique a organisé une conférence à Bruxelles rassemblant des acteurs de Belgique, des pays membres et observateurs du REM, ainsi que des organisations européennes et internationales. L’événement a offert un forum pour examiner les modalités d’accueil et de soutien aux demandeurs de protection internationale autres qu’en nature, sous les angles juridique, politique et opérationnel, en explorant la manière dont ces formes de soutien sont organisées, mises en œuvre et reliées aux systèmes d’accueil plus larges.
La conférence a réuni un large éventail d’acteurs, notamment des représentants du Cabinet de la Ministre belge de l’Asile et de la Migration, de l’agence belge pour l'accueil des demandeurs d'asile (Fedasil), des autorités en charge de l'accueil dans plusieurs pays membres et observateurs du REM, des institutions européennes, des organisations internationales, des autorités locales, de la société civile et du milieu académique.
La conférence s’est principalement déroulée en séances plénières. Les discussions du premier jour ont porté sur le cadre juridique européen et les contextes politiques nationaux, ainsi que sur les pressions pesant sur les systèmes d’accueil et la situation des demandeurs vivant en dehors des structures d’accueil. Les participants ont échangé sur la manière dont les autorités de différents pays membres et observateurs du REM organisent le suivi et garantissent l’accès aux services essentiels pour les demandeurs non hébergés dans les centres collectifs. Le deuxième jour a permis d'examiner si et comment des approches communautaires peuvent constituer des options complémentaires pour les demandeurs choisissant volontairement de ne pas résider dans des centres collectifs. Les participants ont également exploré les liens entre les modalités de logement et les différentes formes de soutien financier.
Les discussions ont permis aux participants de dégager plusieurs messages clés et enseignements, notamment :
- Cadre juridique de l’UE et accueil et soutien autres qu’en nature : Les discussions ont rappelé que l’accueil et le soutien des demandeurs de protection internationale autres qu’en nature sont prévus par la directive européenne sur les conditions d’accueil. Cette directive définit les conditions matérielles d’accueil comme comprenant le logement, la nourriture, l’habillement et les produits d’hygiène personnelle fournis en nature, sous forme d’allocations financières, de bons, ou en combinant ces modalités, ainsi qu’une allocation journalière. Si la directive permet une certaine flexibilité dans le choix des modalités d’accueil, les participants ont souligné que la responsabilité des autorités demeure entière pour garantir que tous les demandeurs de protection internationale puissent accéder à des conditions d’accueil offrant un niveau de vie adéquat, conformément au droit de l’UE.
- Demandeurs vivant en dehors des structures d’accueil : Dans les pays membres et pays observateurs du REM, les demandeurs de protection internationale résident en dehors des structures d’accueil collectives pour diverses raisons, notamment en raison de la capacité limitée des centres, de circonstances familiales ou personnelles, comme le souhait de rester à proximité de réseaux de soutien informels, ou pour des raisons pratiques liées au travail, aux études ou à la vie quotidienne. Les discussions ont mis en évidence la diversité des situations rencontrées par ces demandeurs, ainsi que les défis associés, en particulier en termes de stabilité du logement, d’accès aux services et de continuité de l’accompagnement. Les participants ont insisté sur l’importance de maintenir un contact régulier avec les demandeurs vivant en dehors des structures d’accueil et de mettre en place des mécanismes de suivi appropriés. À cet égard, les acteurs locaux et les organisations de la société civile ont souligné leur rôle et les fortes exigences qui leur incombent, car ils soutiennent souvent ces demandeurs dans leur vie quotidienne hors des structures collectives.
- Approches communautaires : Les participants ont examiné les approches communautaires en tant que formes d’accueil et d’accompagnement autres qu’en nature. Les discussions ont porté sur les conditions de mise en œuvre de ces approches, notamment l’importance d’un discours politique clair et cohérent et d’un engagement fort des autorités locales et des acteurs communautaires. Les modèles décentralisés et ancrés dans les communautés permettent aux systèmes d’accueil de s’adapter aux réalités locales et de tirer parti des réseaux municipaux et communautaires existants pour mettre les demandeurs en relation avec les services essentiels. Les participants ont également souligné la nécessité de disposer de cadres clairs, de dispositifs de protection et de mécanismes de suivi afin de garantir le respect des normes d’accueil.
- Allocations financières dans les systèmes d’accueil et d’accompagnement : Les allocations financières ont été abordées comme une modalité possible au sein des systèmes d’accueil et d’accompagnement autre qu’en nature. Les participants ont souligné que leur efficacité dépend de la mesure dans laquelle elles permettent aux demandeurs d’accéder effectivement aux conditions matérielles d’accueil. Ils ont relevé l’importance d’assurer un niveau de soutien suffisant, de mettre en place des mécanismes de suivi appropriés, et de déterminer les profils de demandeurs les mieux adaptés à la réception de ces allocations, en tenant compte notamment des besoins des personnes vulnérables. Les allocations financières ont généralement été considérées comme relevant de cadres d’accueil plus larges plutôt que comme des mesures autonomes, et perçues comme un outil complémentaire pouvant être étendu en cas de situations exceptionnelles ou de crise, et combiné à d’autres formes de soutien.
La conférence a également fait place à des tables rondes parallèles portant sur l’accès à l’information, l’accès aux soins de santé et l’accès à une adresse pour les demandeurs non hébergés dans les centres d'accueil. Ces sessions ont porté sur les défis pratiques et les expériences opérationnelles liés à l’accès aux services et aux procédures administratives.
Un rapport détaillé de la conférence sera prochainement publié sur la page web de l’événement, où sont déjà disponibles les présentations et les photos des deux journées.
L'équipe du REM Belgique remercie chaleureusement l’ensemble des intervenants et participants pour leurs contributions à la conférence. L’échange de perspectives et d’expériences a permis d’approfondir la réflexion sur les défis et les approches liés aux modalités d’accueil et de soutien aux demandeurs de protection internationale autres qu’en nature