Plus de 101.500 Ukrainiens ont reçu la protection temporaire en Belgique
Quatre ans après le lancement par la Russie de son invasion à grande échelle de l’Ukraine le 24 février 2022, la Belgique a délivré plus de 101.500 attestations de protection temporaire à des personnes fuyant le conflit. Aujourd’hui, environ 70.600 de ces Ukrainiens déplacés se trouvent toujours sur le territoire. Si le régime de protection temporaire a été prolongé jusqu’en mars 2027, des incertitudes subsistent quant à la suite, ce qui soulève des questions tant pour les autorités que pour les bénéficiaires ukrainiens.
Depuis le début du conflit, le nombre de personnes bénéficiaires d'une protection temporaire a considérablement évolué. En 2022, 63.356 attestations ont été délivrées, dont 26.507 pour le seul mois de mars, suivies de 15.626 en 2023, 13.277 en 2024, 8.756 en 2025 et 521 en janvier 2026, portant le total à 101.536 attestations de protection temporaire accordées au 31 janvier 2026. La plupart des bénéficiaires sont des ressortissants ukrainiens, avec une proportion légèrement plus élevée de femmes en 2025 (52 % de femmes contre 48 % d’hommes) et une part importante d’adultes âgés de 18 à 34 ans (41 %) et de 35 à 64 ans (32 %). Tenant compte de sa population, la Belgique accueille entre 5 et 10 Ukrainiens déplacés pour 1.000 habitants, ce qui situe le pays dans la moyenne de l’Union européenne, à un niveau comparable à celui des Pays-Bas et du Danemark.
Parmi les personnes enregistrées au titre de la protection temporaire, 70.636 figurent toujours au registre national, tandis que 22.594 en ont été radiées après avoir quitté le pays, être décédées ou changé d’adresse. Parmi celles ayant quitté la Belgique, 5.841 sont retournées en Ukraine, tandis que d’autres se sont installées en Pologne, aux États-Unis ou au Canada. Pour les personnes qui demeurent en Belgique sous protection temporaire, le soutien est progressivement réduit, notamment par une diminution graduelle de l’offre de logements subventionnés depuis la fin de l’année 2024. En Wallonie, le nombre de centres d’accueil conventionnés est passé de 25 à la fin de 2024 à une dizaine vers la mi-2025, hébergeant collectivement 310 résidents. En Flandre, le financement des abris d’urgence locaux prendra fin le 31 mars 2026, obligeant les communes soit à en assumer elles-mêmes les coûts, soit à accompagner les bénéficiaires vers le marché locatif privé, ce qui s’est avéré difficile. Une exception concerne le village d’urgence de Gand, qui restera ouvert jusqu’en mars 2027 et pourra accueillir jusqu’à 600 personnes réparties dans 200 unités de logement.
La période au-delà de mars 2027 reste incertaine. Au niveau de l’UE, des discussions sont en cours concernant une éventuelle stratégie de sortie du régime de protection temporaire. Le 19 février 2026, un séminaire organisé à Bruxelles par le Conseil européen pour les réfugiés et les exilés (ECRE) a examiné la préparation des États membres à la fin du dispositif. Un représentant de la Commission européenne a présenté l’approche définie dans la recommandation du Conseil, mettant l’accent sur les transitions vers d’autres statuts juridiques, le soutien à la réintégration en Ukraine, une information adéquate pour les bénéficiaires et la coordination au niveau de l’UE. La question devrait être à nouveau abordée lors du Conseil Justice et Affaires intérieures en mars 2026.
Pour plus d'informations, veuillez lire cet article de presse de Belga (en anglais) ou cet article de presse de la VRT (en français).
Pour des statistiques détaillées sur la protection temporaire, veuillez visiter le site web de l'Office des étrangers.