Myria publie une première cartographie des données chiffrées sur les mineurs victimes de traite et de trafic d’êtres humains en Belgique

Myria a publié sa première cartographie complète des données chiffrées sur les mineurs victimes de traite et de formes aggravées de trafic d’êtres humains en Belgique. Le rapport vise à fournir une base statistique plus claire pour comprendre la situation des mineurs à risque, tout en mettant en évidence les lacunes structurelles dans les pratiques actuelles de collecte et de partage des données.

S’appuyant sur les informations fournies par de multiples acteurs, notamment le Service des Tutelles, Fedasil, le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA), les services d’aide à la jeunesse, Child Focus, Esperanto, Meza et les trois centres spécialisés (Sürya, Payoke et PAG-ASA), le rapport met en évidence à la fois les données disponibles et les difficultés rencontrées dans leur collecte. La fragmentation, la diversité des définitions et le manque d’harmonisation entre les organisations continuent de limiter une compréhension complète de l’ampleur et de la nature de ces situations.

L’analyse de Myria montre qu’entre 2015 et 2024, 43.257 mineurs non-accompagnés (MENA) ont été signalés pour la première fois au Service des Tutelles, tandis qu’entre 2021 et 2024, le Service a enregistré en moyenne 758 MENA disparus par an, dont environ 15 % étaient considérés comme à risque. Le rapport met également en évidence des tendances préoccupantes en matière d’exploitation sexuelle : entre 2022 et 2024, plus de la moitié des 228 cas d’« exploitation sexuelle de mineurs dans la prostitution » concernaient des jeunes séjournant dans des établissements d’aide à la jeunesse au moment des faits. En termes d’accompagnement, Esperanto a accueilli 225 jeunes, dont 63 % étaient présumés victimes de traite ou de trafic aggravé ; Meza a hébergé 35 victimes ; et les trois centres spécialisés (Sürya, Payoke et PAG‑ASA) ont ensemble soutenu 110 mineurs, dont la majorité (68 %) étaient victimes de traite des êtres humains.

Myria appelle à renforcer la collecte de données et les réponses politiques. Sur le plan des données, elle recommande de revoir et d’améliorer les systèmes d’enregistrement, de créer des bases de données interopérables avec une terminologie uniforme, d’assurer une formation régulière du personnel et d’accroître l’accès à des données anonymisées au niveau individuel. Sur le plan politique, elle préconise un meilleur échange d’informations entre magistrats, une sensibilisation renforcée de la police, des parquets, des services d’aide à la jeunesse et des acteurs de l’asile et de la migration, ainsi que l’extension de la capacité d’accueil pour les victimes mineures.

Pour plus d'informations, vous pouvez lire le communiqué de presse de Myria et vous pouvez également lire le rapport complet ci-dessous.

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