Les pays de l’UE appellent à une action commune pour le retour des ressortissants afghans

Le 16 octobre 2025, vingt États membres de l’Union européenne ont signé une lettre conjointe appelant la Commission européenne à prendre des mesures coordonnées pour permettre le retour volontaire et forcé vers l’Afghanistan. L’initiative, menée par la Ministre belge de l’Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt, plaide pour une approche européenne cohérente concernant les ressortissants afghans en séjour irrégulier dans l’UE, en particulier ceux qui constituent une menace pour l’ordre public ou la sécurité nationale. Les signataires soulignent que des politiques migratoires crédibles nécessitent des mécanismes de retour efficaces et appellent à des progrès concrets d’ici la fin de l’année.

Ces dernières années, l’UE a été confrontée à des difficultés persistantes pour le retour des ressortissants afghans n’ayant pas le droit légal de séjourner. Alors que 22.870 Afghans ont reçu une décision de retour en 2024, seuls 435 sont effectivement retournés dans leur pays d’origine, ce qui représente un taux de retour de seulement 2 %. Les États membres soulignent que cette situation mine la confiance dans les systèmes migratoires et d’asile et pose des problèmes de sécurité. En Belgique, où 2.815 Afghans sont actuellement accueillis dans des centres d’accueil, les autorités ont signalé une augmentation d’incidents graves, qu’elles attribuent à l’absence de mécanismes de retour efficaces.

La lettre conjointe, adressée au Commissaire aux Affaires intérieures et à la Migration Magnus Brunner et transmise pour information à la haute représentante Kaja Kallas, demande à la Commission de renforcer la coordination européenne en matière de retours volontaires et forcés. Elle propose un rôle accru pour Frontex dans le retour et la réintégration, un mécanisme de financement plus centralisé afin d’éviter la fragmentation, ainsi qu’une coopération renforcée entre la Commission, le Service européen pour l’action extérieure et les États membres souhaitant agir conjointement, notamment via une mission administrative éventuelle en Afghanistan. Les Ministres insistent sur le fait que la priorité doit être donnée au retour des personnes constituant une menace pour l’ordre public ou la sécurité nationale.

L’initiative s’inscrit dans un contexte de préoccupations persistantes exprimées par des organisations de défense des droits humains concernant les retours vers l’Afghanistan. Dans un communiqué publié en octobre 2025, Amnesty International a averti que tout retour forcé vers l’Afghanistan pourrait violer le principe de non-refoulement, compte tenu de la détérioration continue de la situation des droits humains sous le régime taliban. L’organisation a appelé l’UE à veiller à ce que toutes les décisions de retour reposent sur une évaluation individuelle des risques et que l’engagement avec l’Afghanistan privilégie la protection et les besoins humanitaires plutôt que les mesures coercitives.

Date de Publication:
Géographie:
Mots-clés:
Thème principal:
Commanditaire:
Type d'actualité: