Les acteurs belges marquent trente ans de lutte contre la traite des êtres humains et réaffirment leur engagement

Ce 20 octobre 2025, environ 200 acteurs belges et partenaires européens se sont réunis pour marquer trente ans de lutte contre la traite des êtres humains en Belgique, mettant en évidence à la fois la force d’un système multidisciplinaire et spécialisé, fondé sur la collaboration et le partage d’informations, et les défis persistants, tels que le manque de moyens, les difficultés de dédommagement des victimes, la protection des mineurs et l’adaptation aux nouvelles formes de traite.

Ce lundi 20 octobre, de nombreux experts et acteurs de terrain se sont réunis, venant du SPF Justice, des centres spécialisés dans l’accueil des victimes de la traite, du Centre fédéral Migration Myria, de l’Inspection sociale, de la Police fédérale, de la Magistrature, de l’Office des étrangers, du SPF Affaires étrangères, ainsi que de diverses organisations telles que Fairwork Belgique ou la Fondation Roi Baudouin. Parmi les participants figuraient également des partenaires européens, notamment la Coordinatrice de l’UE dans la lutte contre la traite des êtres humains, la Secrétaire exécutive de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite, ainsi que la Rapporteuse nationale des Pays-Bas sur la traite des êtres humains et les violences sexuelles faites aux enfants. Leur objectif: revenir sur les jalons ayant marqué la lutte contre la traite en Belgique depuis la loi du 13 avril 1995 et faire le point sur les défis persistants ainsi que sur les perspectives futures.

Les participants ont salué le caractère innovant et véritablement multidisciplinaire du modèle belge de lutte contre la traite des êtres humains. Les acteurs belges échangent de nombreuses informations et sont véritablement impliqués dans la lutte. Ils ont rappelé que la sécurité et la confiance constituent des conditions essentielles pour identifier d’éventuelles victimes et les accompagner sur le long terme. Le rôle central des centres spécialisés dans l’accueil et l’accompagnement des victimes a également été mis en avant : présents à leurs côtés pendant plusieurs années, ces centres jouent un rôle clé dans leur reconstruction. Les participants ont souligné l’importance de la spécialisation des inspecteurs et des magistrats, indispensable dans une matière aussi complexe, ainsi que celle de la formation et de la sensibilisation, en insistant sur le fait que toute personne peut contribuer à la détection des situations de traite. Enfin, ils ont mis en lumière les initiatives belges menées dans le cadre de la coopération multilatérale.

Les participants ont également mis en évidence plusieurs défis. Ils ont souligné le manque de moyens, tant pour la justice, les centres spécialisés, l’inspection et la police, que pour répondre aux enjeux liés à la digitalisation. La longueur des procédures et les difficultés rencontrées par les victimes pour obtenir un dédommagement effectif ont été mises en lumière, ce qui a conduit à des suggestions telles que la possibilité de prévoir les confiscations et saisies plus tôt dans le processus ou de recourir à un fonds permettant une indemnisation automatique. Les avocats ont également demandé à intervenir dès le début des dossiers afin de recueillir les informations nécessaires à la qualification ou à la requalification des faits de traite. Les participants ont également attiré l’attention sur des groupes particulièrement vulnérables, tels que les mineurs confrontés à l’exploitation sexuelle ou à la criminalité forcée, ainsi que sur les victimes d’exploitation qui n’obtiennent pas le statut de victime de traite et se retrouvent dans une situation très précaire. Ils ont enfin insisté sur le fait que la traite des êtres humains évolue constamment et que les acteurs doivent rester vigilants, s’adapter et mettre en place des réponses appropriées face aux nouveaux défis.

La journée s’est ouverte et s’est achevée par les témoignages de survivants de la traite des êtres humains. Ces témoignages ont mis en lumière non seulement la résilience des survivants, mais aussi le rôle déterminant de l’ensemble des acteurs impliqués dans leur accompagnement et leur soutien, essentiels pour leur permettre de se reconstruire et de retrouver une vie autonome. La conférence s’est conclue par les interventions de J. Vande Lanotte, président de la Première Commission parlementaire sur la traite des êtres humains, et de Mme Verlinden, Ministre de la Justice.

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