La réduction des places d'accueil est une mesure contre-productive et coûteuse, selon sept organisations humanitaires et de la société civile
Dans leur rapport 2024, sept organisations humanitaires et de la société civile expriment leurs préoccupations concernant le plan du gouvernement belge de réduire les places d'accueil pour les demandeurs de protection internationale, avertissant que cette mesure pourrait accroître le sans-abrisme, impacter négativement la santé et les perspectives d'intégration des individus concernés, et générer des coûts cachés importants pour la société.
Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, CIRÉ, BelRefugees, Caritas International et le Hub Humanitaire ont publié la quatrième édition de leur rapport « État des lieux » sur « la politique de non-accueil" et ses impacts négatifs sur les demandeurs d'asile en Belgique.
Le rapport souligne qu'en 2024, le nombre de personnes sur la liste d'attente pour l'accueil a fluctué entre 2.000 et 4.000 chaque mois, entraînant de nombreux hommes seuls, faute de solutions concrètes, à dormir dans la rue ou dans des squats. Les organisations soulignent que vivre dans la rue a des effets graves sur la santé physique et mentale des individus, et entrave également de manière significative leur capacité à s'intégrer dans la société. Elles avertissent que le risque que des individus disparaissent sous le radar et tombent dans la précarité extrême est élevé, et insistent sur le fait que ces circonstances génèrent des coûts cachés importants pour la société dans son ensemble.
Le rapport soutient également que l'objectif du nouveau gouvernement de limiter le flux de demandeurs d'asile et de réduire « progressivement » et « de manière sensible » le nombre de places d'accueil est contre-productif et coûteux à long terme. Les organisations notent que le nombre de demandes de protection internationale fluctue au fil du temps et soulignent l'importance de maintenir une capacité d'accueil suffisante, y compris une capacité tampon pleine pendant les périodes de moindre demande. Elles soulignent également que les places d'accueil d'urgence sont généralement plus coûteuses et de moins bonne qualité que les places d'accueil structurelles.
Les organisations concluent que si le gouvernement s'efforce de réduire de manière « sensible » la capacité d'accueil, une crise permanente de l'accueil est inévitable. Elles affirment que la seule réponse appropriée est de fournir suffisamment de places d'accueil ou, entretemps, une forme alternative de soutien qui garantisse véritablement la dignité humaine.
Pour plus d'informations, veuillez consulter le rapport ci-dessous. Vous pouvez aussi lire les communiqués de presse de Ciré ou de Médecins sans Frontières.