La conférence du REM se penche sur l'avenir de la migration légale dans l'UE
Le Réseau Européen des Migrations (REM) a organisé une conférence de deux jours intitulée « Façonner l’avenir de la migration légale dans l’UE : où en sommes-nous et où voulons-nous aller ? ». L’événement s’inscrivait dans le cadre de la présidence actuelle de l’Espagne du Conseil de l’UE, et mettait l’accent sur les stratégies de migration légale visant à attirer les talents et les compétences nécessaires de l’étranger.
La conférence a réuni des décideurs politiques de haut niveau et des experts techniques impliqués dans la conception et la mise en œuvre de voies de migration régulières.
Ylva Johansson, commissaire européenne aux affaires intérieures, a ouvert la conférence. Dans son discours, elle a souligné que les migrants apportent les talents dont l'UE a besoin et que les partenariats de talents sont des projets gagnant-gagnant car ils profitent aux pays de l'UE (où les entreprises ont besoin de personnel qualifié) ainsi qu'aux pays tiers (dont les travailleurs peuvent acquérir des compétences et des expériences à l'étranger). À cet égard, elle a souligné l’importance des nouvelles mesures en matière de talents et de compétences présentées le 15 novembre 2023.
La conférence s'est également concentrée sur les perspectives des principaux pays partenaires, avec les contributions de hauts représentants du Maroc, du Honduras, du Bangladesh, de l'Espagne, du Pakistan, de la Tunisie et de l'Égypte. La plupart des pays d’origine ont souligné qu’ils disposent d’une main-d’œuvre importante et que les partenariats de talents constituent un pas dans la bonne direction. Ils ont insisté toutefois pour que les programmes soient de grande envergure et qu'ils profitent aux trois parties : les pays de destination, les pays d'origine et les travailleurs migrants eux-mêmes dont les droits doivent être protégés. Ils ont partagé également des préoccupations et des défis concernant la connexion entre les besoins de main-d'œuvre et les compétences disponibles, la simplification administrative, l'accréditation des qualifications et des compétences, le risque de fuite des cerveaux, etc.
Les initiatives récentes et les progrès réalisés concernant les voies complémentaires liées au travail pour les personnes ayant besoin d'une protection internationale ont également été discutés. Les participants ont convenu de l’importance des voies régulières. Ils ont notamment souligné que les personnes les plus vulnérables, celles qui ont le moins d'éducation et de compétences (formelles), sont les moins susceptibles de pouvoir profiter de ces canaux. D’où l’importance de créer des opportunités et d’atteindre les migrants et les réfugiés vulnérables là où ils se trouvent.
Le deuxième jour, la conférence a adopté une approche plus technique, reconnaissant le travail technique qui doit être accompli pour progresser dans ce domaine. Les défis et les réussites des principales initiatives développées dans le cadre du train de mesures sur la mobilité des talents et des compétences, entre autres le réservoir européen de talents, les partenariats destinées à attirer les talents et la reconnaissance des qualifications ont été examinés. Les défis consistent notamment à fournir des informations et des éclaircissements aux ressortissants de pays tiers concernant l'entrée dans l'UE, à développer un outil efficace de mise en relation permettant aux ressortissants de pays tiers de réellement trouver des employeurs, à garantir l'interopérabilité entre le système/le réservoir européen des talents et ceux qui existent déjà dans les États membres de l'UE, à former et améliorer les compétences des personnes dans les pays partenaires, etc.
La conférence s'est finalement concentrée sur trois secteurs particuliers confrontés à des pénuries de main-d'œuvre au niveau européen : les transports, la construction et les soins de longue durée. Cette session, animée par un collègue du REM Belgique, Christophe Van Hemelryck, a montré entre autres que ces secteurs sont confrontés à des pénuries massives de main d'œuvre qualifiée et motivée et que la demande va continuer à croître. La plupart des employeurs voient la migration comme une opportunité à cet égard. Cependant, ils ont du mal à attirer les talents en raison de la complexité et de la durée actuelles du processus, du manque d'adéquation entre la formation dans les pays d'origine et les exigences de l'UE, du manque d'harmonisation au sein de l'UE (en termes de reconnaissance des compétences par exemple), etc.
La conférence a fourni une plate-forme précieuse pour le dialogue et l'échange d'idées sur l'avenir de la migration légale dans l'UE. Il a souligné l’importance de la collaboration et du partenariat pour relever les défis et les opportunités de la migration de main-d’œuvre.
Pour plus de détails, veuillez retrouver tous les documents de travail et vidéos de la conférence sur cette page.