Des experts se réunissent à la conférence du Point de Contact polonais du REM pour discuter de la migration irrégulière
Le 24 juin 2025, le REM Belgique a participé à une conférence consacrée à la lutte contre la migration irrégulière, organisée sous la présidence polonaise du Conseil de l'Union européenne. Les échanges ont porté sur ce phénomène abordé sous trois angles : le renforcement des frontières extérieures de l’UE pour prévenir les entrées irrégulières, la lutte contre le trafic de migrants afin de démanteler les réseaux criminels, ainsi que l’approche des causes profondes de la migration irrégulière et la promotion d’alternatives sûres et légales.
Dans le cadre des derniers événements organisés durant la présidence polonaise du Conseil de l’UE, le REM Pologne et l’Office polonais pour les étrangers, en coopération avec le ministère polonais de l’Intérieur et de l’Administration, ont organisé cette conférence axée sur trois domaines clés d’intérêt commun, qui ont structuré les discussions :
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Renforcer la gestion des frontières extérieures de l’UE afin de prévenir la migration irrégulière ;
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Prévenir et lutter contre le trafic de migrants dans le cadre de l’Alliance mondiale contre le trafic de migrants ;
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Traiter les causes profondes de la migration irrégulière vers l’UE, promouvoir des voies légales et renforcer la dimension externe de la migration via les initiatives de l'Équipe Europe.
Les discussions ont permis de dégager les principaux constats suivants :
- Des experts ont souligné que la migration irrégulière faisait de plus en plus l’objet d’une instrumentalisation de la part de certains acteurs étrangers, susceptibles de soutenir activement ou d’orienter des mouvements migratoires à travers les frontières de l’UE, comme cela a été observé dans le contexte de la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Ce contexte évolutif représente un défi logistique et financier croissant pour les autorités chargées du contrôle aux frontières. Parallèlement, l’UE et ses États membres accordent une attention accrue aux politiques migratoires axées sur les besoins économiques, en promouvant les voies légales et la migration circulaire dans le cadre d’une approche plus large de la mobilité internationale et des partenariats.
- Les réseaux de passeurs sont fortement organisés, décentralisés et technologiquement adaptables. Ils opèrent à travers plusieurs frontières et s’ajustent rapidement aux mesures de contrôle, rendant extrêmement difficile la prévention effective des entrées irrégulières. En revanche, les contre-mesures de l’UE sont souvent plus lentes et moins coordonnées, notamment en matière d’échange d’informations et de coopération juridique. Les intervenants ont donc appelé à un meilleur partage des données entre États membres et à une utilisation plus systématique des plateformes existantes de l’UE qui soutiennent la coopération opérationnelle.
- Les participants ont souligné que de meilleurs échanges de données et un meilleur accès à l'information sont essentiels pour une gestion plus efficace des migrations. Ils ont noté que des données précises et actualisées sont indispensables tant pour la connaissance de la situation sur le terrain que pour l’anticipation à plus long terme. Des outils tels que Frontex et les mécanismes de coordination inter-agences peuvent faciliter ces échanges, tandis que les officiers de liaison pour les migrations peuvent fournir des informations contextuelles depuis les pays tiers et contribuer à initier des dialogues structurés sur les migrations.
- Les participants ont souligné que la lutte contre la migration irrégulière et le trafic de migrants nécessite à la fois des retours plus efficaces et la promotion de voies légales alternatives. Si les politiques de retour et les accords de réadmission peuvent avoir un effet dissuasif sur les migrations irrégulières, le développement de voies légales sûres contribue à la croissance économique et permet de répondre aux défis démographiques des pays d’accueil. Toutefois, des représentants de pays d’origine ont insisté sur la nécessité de donner la priorité à la migration circulaire afin d’éviter la fuite des cerveaux.
- Les participants ont identifié la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière comme une priorité commune aux pays d’origine, de transit et de destination. Ils ont souligné la nécessité d’investir dans le renforcement des capacités des pays partenaires pour atteindre cet objectif partagé. Dans les pays d’origine, la lutte contre la migration irrégulière commence par le développement local et territorial, l’industrialisation et la stimulation de l’entrepreneuriat des jeunes.
- Les participants ont souligné que la collaboration avec les pays tiers, entre les États membres de l’UE et entre les agences européennes constitue un élément clé pour construire des systèmes migratoires durables. Un constat récurrent dans l’ensemble des panels a été la fragmentation des réponses actuelles en matière de migration et de gestion des frontières — que ce soit aux frontières, dans la lutte contre le trafic de migrants ou dans la coopération avec les pays tiers. Les participants ont insisté sur la nécessité d’une approche coordonnée à l’échelle de l’UE, qui articule gestion des frontières, application de la loi, migration légale et coopération au développement, afin de dépasser les approches cloisonnées ou purement réactives.
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