L'OIM partage 20 ans de données sur la traite des enfants pour éclairer les politiques et les programmes

Un rapport de l’OIM-Harvard montre que près de la moitié des enfants victimes de la traite sont exploités à des fins de travail forcé (principalement des garçons), dans un large éventail de secteurs, comme le travail domestique, la mendicité et l’agriculture. L’exploitation sexuelle, notamment par la prostitution, la pornographie et la servitude sexuelle, est également répandue, touchant 20 % des enfants victimes de la traite, principalement des filles.

Le 5 août 2024, l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et le Centre François-Xavier Bagnoud pour la santé et les droits de l'homme de l'Université de Harvard (FXB) ont publié un rapport intitulé « From Evidence to Action: Twenty Years of IOM Child Trafficking Data to Inform Policy and Programming ». Le rapport est basé sur la base de données de l'OIM sur les victimes de la traite, qui contient des données primaires collectées auprès d'environ 69.000 victimes de la traite d'êtres humains de 156 nationalités, victimes de la traite dans 186 pays, qui se sont enregistrées auprès de l'OIM dans 113 pays où l'Organisation travaille ; 18,3 % des victimes de la traite dans la base de données étaient des enfants.

Le rapport vise à contribuer à la compréhension des dynamiques et moteurs de la traite des enfants, tout en mettant l’accent sur les vulnérabilités et les violations des droits de l’homme qui émergent tout au long du processus de traite. Il met en évidence des tendances telles que :

  • Parmi les 69.514 victimes assistées par l’OIM entre 2002 et le premier semestre 2021, pour lesquelles des informations complètes sur « l’âge à l’enregistrement » ont été enregistrées, 12.754 ont déclaré avoir 17 ans ou moins à l’âge de leur entrée dans le processus de traite, au moment de leur exploitation ou au moment de leur enregistrement auprès de l’OIM.
     
  • 57,4 % des enfants victimes étaient des filles et 42,6 % étaient des garçons.
     
  • Les enfants âgés de 13 à 17 ans constituaient le groupe le plus important de victimes mineures (46,6 %).
     
  • Plus de la moitié des enfants victimes ont déclaré que des amis et des membres de leur famille avaient participé à leur recrutement dans la traite (respectivement 37,4 % et 14,7 %, soit 51,1 % au total).
     
  • Les fausses promesses sont les moyens de contrôle les plus fréquemment rapportés par les enfants (58,9%), suivis par les violences psychologiques et physiques (56,3% et 50,6% respectivement). Le recours aux menaces contre les victimes (39,5%), ainsi que le recours à des heures de travail excessives pour les contrôler (36,5%), ont également été signalés par une part non négligeable d'enfants victimes.
     
  • 43,4 % des enfants victimes de la traite ont été victimes de travail forcé, 20,8 % ont été victimes de la traite à des fins d’exploitation sexuelle et un nombre plus restreint a été victime à la fois de travail forcé et d’exploitation sexuelle.

Le rapport recommande notamment de renforcer la base de données sur la traite en général et sur la traite des enfants en particulier. Il suggère également de prévenir et de réduire la vulnérabilité à la traite, notamment par des mesures de prévention qui répondent aux dynamiques de la traite et s’attaquent aux facteurs individuels, communautaires et sociétaux qui contribuent à la vulnérabilité à la traite des enfants.

Pour plus d'informations, veuillez lire le communiqué de presse de l'OIM et (en anglais) le rapport.

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