Les pays de l’OCDE ne devraient pas sous-estimer le potentiel des migrants en tant que propriétaires d’entreprise, selon l’OCDE
La dernière édition des Perspectives des migrations internationales 2024 accorde une attention particulière à l’entrepreneuriat des immigrés. Elle souligne que ceux-ci représentent une part croissante du nombre total d’entrepreneurs dans les pays de l’OCDE. En 2022, 17 % des travailleurs indépendants des pays de l’OCDE étaient en moyenne des immigrés, contre 11 % en 2006.
Le 14 novembre 2024, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) a publié les Perspectives des migrations internationales 2024. Un chapitre spécifique donne un aperçu de l’entrepreneuriat des immigrés dans les pays de l’OCDE depuis le milieu des années 2000. Il montre notamment :
- Le poids croissant des immigrés parmi les entrepreneurs : En 2022, l’OCDE comptait 10 millions d'entrepreneurs immigrés. Les immigrés représentaient 17 % des travailleurs indépendants en moyenne dans les pays de l’OCDE, contre 11 % en 2006. L’augmentation de la population immigrée dans l’OCDE explique 80 % de l’augmentation de la part des immigrés parmi les entrepreneurs, tandis que 20 % sont dus au fait que les immigrés sont de plus en plus susceptibles d’être des travailleurs indépendants.
- L’impact des entrepreneurs immigrés sur l’innovation et la création d’emplois : Un simple calcul montre qu’entre 2011 et 2021, plus de 3.9 millions d’emplois ont été créés grâce au travail indépendant des immigrés dans les 25 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles. Cela correspond à 15 % de la croissance totale de l’emploi au cours de ces années.
- La surreprésentation des entrepreneurs immigrés dans des secteurs spécifiques : Les entrepreneurs immigrés créent des emplois dans tous les secteurs d’activité, mais sont surreprésentés parmi les entrepreneurs dans les services d’hébergement et de restauration et dans les transports et l’entreposage dans toutes les régions de l’OCDE pour lesquelles des données sont disponibles.
- La façon dont l’entrepreneuriat aide les immigrés à contourner les difficultés à trouver un emploi salarié : Dans deux tiers des pays, les immigrés exerçant nouvellement une activité indépendante sont plus susceptibles d’avoir été précédemment au chômage. Les immigrés sont également plus susceptibles de déclarer avoir choisi le travail indépendant en raison des difficultés à trouver un emploi salarié dans les pays de l’OCDE de l’UE/AELE.
- La plus grande probabilité pour les entrepreneurs immigrés d'abandonner une activité indépendante et de se retrouver au chômage : Dans certains pays, les immigrés sont plus de 50 % plus susceptibles de quitter le travail indépendant que les personnes nées dans le pays, notamment en Grèce, en Autriche, au Danemark, en Suisse et au Portugal.
- La nécessité de services ciblant les migrants pour soutenir l’entrepreneuriat : Les programmes d’accompagnement des entrepreneurs immigrés aux différentes étapes de la création d’une entreprise, par la formation, le mentorat, les conseils juridiques et l’accès aux financements se sont imposés en bonnes pratiques et sont en place dans plusieurs pays de l’OCDE, comme l’Italie ou l’Irlande.
Pour plus de détails, veuillez lire le chapitre « L’entrepreneuriat immigré dans les pays de l’OCDE » (pp. 133-195) en ligne.