Les demandes d’asile dans les pays de l’UE+ ont diminué d’un cinquième en 2025, selon l’AUEA
Selon le rapport "Dernières tendances en matière d'asile 2025" publié par l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA), les pays de l’UE+ ont enregistré environ 822 000 demandes de protection internationale en 2025, soit une baisse de 19 % par rapport à 2024. Malgré ce recul global, la demande de protection est restée importante pour certains groupes et dans certains pays.
Le rapport "Dernières tendances en matière d'asile 2025" fournit un aperçu annuel de l’asile dans les pays de l’UE+, couvrant les demandes d’asile (par habitant), les principales nationalités des demandeurs, les pays accueillant le plus de demandes, les taux de reconnaissance, les dossiers en attente et le nombre de bénéficiaires de la protection temporaire à la suite de la guerre en Ukraine. Les chiffres clés pour 2025 sont les suivants :
-
Total des demandes : environ 822.000 (−19 % par rapport à 2024).
-
Principales baisses : les demandes syriennes ont fortement diminué (en raison des évolutions géopolitiques) ; les demandes turques et colombiennes ont également diminué.
-
Principales hausses : les demandes afghanes et vénézuéliennes ont augmenté, avec une part notable de demandes répétées parmi les Afghans.
-
Principaux pays d’accueil : l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie et la Grèce représentaient ensemble la majorité des demandes.
-
Taux de reconnaissance dans l’UE+ : environ 29 %, reflétant l’évolution de la composition des demandes.
-
Protection temporaire : environ 4,5 millions de personnes, principalement des Ukrainiens, étaient enregistrées sous protection temporaire dans l’ensemble de l’UE+.
Selon l’AUEA, la baisse observée en 2025 reflète une convergence temporaire de facteurs plutôt qu’un véritable tournant. L’Agence avertit qu’une reprise des conflits, une déstabilisation régionale ou une crise systémique pourrait rapidement modifier la trajectoire des demandes d’asile dans l’UE+. L’AUEA identifie notamment l’Iran comme un point chaud potentiel : récemment devenu le deuxième plus grand pays accueillant des réfugiés, il a connu en 2026 de vifs troubles sociaux. Bien que les demandes d’asile des ressortissants iraniens soient restées limitées en 2025 (8.000 demandes, 31ᵉ rang), l’Agence souligne qu’une déstabilisation partielle pourrait entraîner des mouvements de population d’ampleur inédite.
L’AUEA souligne également que l’UE+ entre dans une période de réforme institutionnelle avec le Pacte sur la Migration et l’Asile, dont la plupart des mesures devraient entrer en application à la mi-2026. Selon le rapport, la mise en œuvre du Pacte constitue un tournant vers un cadre plus institutionnalisé et géré collectivement, visant à offrir une plus grande prévisibilité et à renforcer la résilience face aux chocs systémiques liés à l’instabilité géopolitique et aux capacités humanitaires limitées. L’Agence insiste sur le fait que son efficacité sera testée en 2026, la migration et l’asile demeurant au cœur de la politique de l’UE et de la coopération internationale.
Pour plus d’informations, veuillez consulter (en anglais) le communiqué de presse de l’AUEAA et lire le rapport "Dernières tendances en matière d'asile 2025" en ligne.