Le REM Autriche organise des échanges enrichissants sur la gestion des frontières extérieures de l'UE
Une expert belge a participé à la conférence du point de contact autrichien du Réseau Européen des Migrations (REM), axée sur les opportunités et les défis liés à la gestion des frontières extérieures de l'UE. Les participants ont notamment identifié la "militarisation de la migration" comme un défi majeur concernant la protection des frontières extérieures de l'UE.
Le discours d'ouverture a porté sur la "militarisation de la migration" par certains pays tiers, ainsi que sur l'instrumentalisation de ce phénomène par des acteurs non-étatiques exploitant les peurs liées à la migration par le biais de la désinformation. Pour rappel, la "militarisation de la migration" est définie comme l'exploitation de la migration volontaire ou forcée et des flux de réfugiés créés délibérément pour certaines raisons ou préalablement créés par un tiers avec des objectifs politiques, militaires ou tout autre type d'objectifs. L’instrumentalisation de la migration se produit lorsque des pays tiers suscitent des flux migratoires vers les frontières extérieures de l’Union européenne pour perturber l’Union ou un État membre. Pour des informations plus détaillées à ce sujet, veuillez lire cette publication.
Les participants à la conférence ont ensuite discuté :
- Politiques, plans d'action et stratégies pour la protection des frontières extérieures de l'UE : les événements récents, notamment la crise migratoire de 2015-2016, le gel de l'espace Schengen pendant la COVID et l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ont été discutés. Ensuite, la question de savoir comment les politiques et les stratégies de l’UE fournissent un cadre pour répondre à diverses crises a été soulevée. Les participants ont notamment examiné le nouveau Pacte sur la migration et l'asile (et la nécessité d'avoir un espace Schengen et des frontières extérieures bien gérés), la Stratégie pour un espace Schengen pleinement opérationnel et résilient, la stratégie technique et opérationnelle pour la gestion intégrée des frontières européennes et la révision du code frontières Schengen. La place prépondérante des États membres dans la gestion des frontières et l'importance des partenariats avec les pays tiers ont également été soulignées.
- Le cadre juridique et les évolutions politiques liés à la protection des frontières extérieures : les évolutions législatives pertinentes dans le contexte du nouveau Pacte sur la migration et l'asile, et en particulier la nouvelle procédure obligatoire aux frontières, ont été discutées. Certains participants ont regretté la position du Parlement européen qui considère que le screening fait partie intégrante de la procédure de protection internationale (contrairement au Conseil qui le considère comme un simple contrôle pouvant éventuellement déboucher sur une procédure de protection internationale). L'utilisation de l'infrastructure informatique a également été discutée. Les participants ont souligné la nécessaire mise en œuvre de systèmes informatiques de « frontières intelligentes » et leur interopérabilité.
- Aspects pratiques/opérationnels de la protection des frontières : l'efficacité, les avantages et les inconvénients des technologies et des infrastructures utilisées par les États membres dans le contexte du contrôle/de la protection des frontières ont été discutés. Les intervenants ont souligné le rôle indispensable de la technologie dans la protection des frontières et la coopération avec les pays voisins, ce qui est d'autant plus important compte tenu du débat controversé et des coûts élevés de la construction de barrières physiques.
- Coopération avec les pays tiers : la coopération et le renforcement des capacités dans les pays tiers dans les domaines de la gestion des migrations, du retour et de la réadmission ont été discutés. Les intervenants ont notamment insisté sur la nécessité de garantir le respect des droits des migrants, de déployer des efforts continus contre les passeurs et les trafiquants et de renforcer la coopération avec les pays tiers.
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