La migration liée au climat peut prendre de nombreuses formes, selon le MPI
Dans un nouvel article publié aujourd'hui, le Migration Policy Institute passe en revue les définitions de la migration climatique et s'interroge sur la valeur d'une telle définition. Il explore les difficultés de distinguer les migrants climatiques des autres types de migrants économiques ou humanitaires, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire inférieur, et il souligne que les populations les plus vulnérables au changement climatique sont souvent celles qui ne peuvent pas migrer.
Cet article, écrit par Kerilyn Schewel, met notamment en évidence les éléments clés suivants :
- Dans le cas d'événements soudains, il existe un lien plus direct entre les conditions météorologiques extrêmes et le déplacement qui s'ensuit. Pourtant, même dans ces cas, la question de savoir où, comment et si les personnes se déplacent est déterminée par les ressources et les réseaux des ménages ainsi que par les préparatifs du gouvernement et les interventions humanitaires. Dans le contexte des impacts climatiques à évolution lente, le lien entre les facteurs environnementaux et la migration est plus indirect et non linéaire. La recherche dans les zones soumises à des contraintes climatiques révèle que de nombreuses personnes ne veulent pas migrer, même si leurs moyens de subsistance sont considérablement menacés, et ceux qui se déplacent citent rarement les facteurs environnementaux comme principales motivations pour partir.
- Un défi majeur pour définir la migration climatique vient du fait que les impacts climatiques se recoupent presque toujours avec d'autres moteurs de la migration et de l'immobilité. Cela signifie que la migration liée au climat peut prendre de nombreuses formes : migration de main-d'œuvre, demande d'asile, regroupement familial, migration d'étudiants ou même traite des êtres humains. Ces différentes formes de mouvements liés au climat nécessitent des réponses politiques très différentes.
- Certaines des conséquences les plus néfastes du changement climatique peuvent prendre la forme d'une mobilité réduite et de ce que certains chercheurs appellent des « populations piégées ». La migration nécessite des ressources importantes, notamment de l'argent, des réseaux et du savoir-faire. Les groupes les plus vulnérables, ceux à faible niveaux de revenu et d'éducation, les personnes âgées ou les personnes handicapées - sont plus susceptibles d'être exposés aux impacts continus du changement climatique. De nombreuses personnes ne se considèrent pas comme prises au piège et ne veulent pas migrer. Même lorsque les gouvernements et les organisations conçoivent des politiques pour déplacer les personnes loin des zones menacées.
- Aborder les opportunités et les défis de la migration mixte et de l'immobilité mixte à l'ère du changement climatique exigera une approche à multiples facettes. Au niveau national, il faudra intégrer la migration interne dans les efforts d'adaptation au changement climatique parallèlement à ceux visant à soutenir l'adaptation in situ et l'urbanisation durable. Au niveau international, cela nécessitera une augmentation de l'aide humanitaire et une expansion des voies humanitaires et des statuts légaux pour soutenir les personnes touchées par les catastrophes naturelles.
Pour plus d'informations, veuillez lire (en anglais) l'article "Who counts as a climate migrant?" sur le site du MPI.
Cet article fait partie d'une série spéciale d'articles qui traitent de la façon dont le changement climatique affecte les migrations internationales et internes aujourd'hui et quels pourraient être ses effets à l'avenir. Des articles d'éminents universitaires examinent le lien entre le changement climatique et la migration à travers des aperçus historiques, scientifiques et juridiques, à l'échelle mondiale et dans des pays individuels. Le numéro spécial est accompagné d'un podcast: Changing Climate, Changing Migration.