La Coalition pour la réinstallation estime que les engagements de l’UE sont trop faibles et que les critères d’éligibilité sont trop restrictifs
Le 8 janvier 2026, la Coalition pour la réinstallation a publié une déclaration conjointe exprimant ses inquiétudes concernant le Plan de l'Union pour la réinstallation et l’admission (2026‑2027) récemment adopté. Tout en saluant l’adoption du plan comme une étape vers l’ancrage de la réinstallation au cœur de la politique migratoire de l’UE, la coalition a souligné que le nombre d’engagements est nettement inférieur aux précédentes promesses et que les critères d’éligibilité sont restrictifs. La déclaration appelle les États membres de l’UE à accroître leurs contributions et à veiller à ce que les besoins de protection restent au centre des efforts de réinstallation.
Le 18 décembre 2025, les États membres de l’UE ont officiellement adopté la décision d’exécution du Conseil (UE) 2025/2628, établissant le Plan de l'Union pour la réinstallation et l’admission humanitaire (2026‑2027). Le plan fixe le nombre total de personnes à réinstaller ou à accueillir pour des motifs humanitaires, précise les critères d’éligibilité à la réinstallation et définit les responsabilités des États membres participants. Il prévoit un total de 10.430 places sur les deux années et identifie les pays d’origine en fonction des routes migratoires, des liens socio‑culturels et des accords existants ou prévus entre l’UE et les États membres.
Dans sa déclaration conjointe, la Coalition pour la réinstallation exprime son inquiétude concernant la réduction importante des engagements prévus par le plan par rapport aux promesses précédentes. Les 10.430 places pour 2026‑2027 représentent une baisse de 83 % par rapport aux 61.000 places prévues pour 2024‑2025, soit seulement 0,4 % des 2,5 millions de réfugiés estimés par le HCR comme nécessitant une réinstallation en 2026, et ne concernent que neuf États membres participants, contre 14 en 2024‑2025 et 17 en 2023. La coalition souligne également qu’il n’est pas certain que ces engagements soient effectivement réalisés.
La déclaration présente aussi des préoccupations concernant les critères d’éligibilité à la réinstallation, qui ciblent les pays situés le long des principales routes migratoires méditerranéennes et atlantiques, certains pays des Amériques, ainsi que les pays avec lesquels l’UE a des accords migratoires existants ou prévus. Selon le HCR, cette approche restrictive ne reflète pas les besoins mondiaux en matière de réinstallation, les cinq principaux pays d’accueil de réfugiés ayant les besoins les plus importants en 2026 (l’Iran, la Turquie, le Pakistan, l’Éthiopie et l’Ouganda) étant en grande partie exclus.
La coalition appelle les États membres de l’UE à respecter et à dépasser leurs engagements actuels, en veillant à ce que les besoins de protection restent au cœur du plan et que la réinstallation soit mise en œuvre de manière efficace et stratégique.
Pour plus de détails, veuillez consulter (en anglais) le communiqué de presse de l’International Rescue Committee.