Des centaines de mineurs étrangers non-accompagnés disparaissent chaque année en Belgique
En 2024, 774 mineurs étrangers non-accompagnés ont été signalés disparus en Belgique. Environ 100 de ces cas ont été jugés particulièrement préoccupants. Ces chiffres, communiqués en réponse à une question parlementaire de la députée Matti Vandemaele (Groen), placent la Belgique parmi les pays européens les plus touchés par ce phénomène. Les organisations de protection de l’enfance alertent sur les lacunes structurelles qui peuvent entraver l’identification et la protection des enfants vulnérables.
De nouveaux chiffres révèlent que 774 mineurs étrangers non-accompagnés ont disparu en Belgique en 2024, dont 246 ont été retrouvés par la suite. Environ 100 de ces cas ont été classés comme « très préoccupants », en raison de l’âge de l’enfant, de besoins médicaux urgents ou d’indices suggérant un danger grave. Les données ont été obtenues par le biais d’une question parlementaire écrite soumise par la députée Matti Vandemaele. Selon Child Focus, qui suit ce type de dossiers, de nombreux cas restent ouverts. L’organisation met également en garde contre un important « chiffre noir » de disparitions non recensées — des enfants qui n’entrent jamais dans le système d’accueil et ne peuvent donc pas être officiellement signalés comme disparus.
Les disparitions de mineurs étrangers non-accompagnés sont en augmentation depuis plusieurs années dans toute l’Europe. Selon le projet d’enquête Lost in Europe, 18.000 cas ont été recensés entre 2018 et 2021, et plus de 51.000 entre 2021 et 2023. Durant cette dernière période, 2.257 disparitions ont été enregistrées en Belgique, plaçant le pays parmi les trois premiers des treize États étudiés. Les 774 disparitions signalées en 2024 ne laissent entrevoir aucune amélioration notable.
Les experts identifient plusieurs raisons expliquant la disparition de mineurs non-accompagnés. Certains enfants sont en transit vers d’autres pays, comme le Royaume-Uni, et évitent volontairement tout contact avec les autorités. D’autres craignent un refus de leur demande d’asile et se cachent, utilisant souvent de fausses identités. Dans des cas plus préoccupants, ils tombent entre les mains de passeurs ou de réseaux criminels et sont exploités dans des activités telles que le trafic de drogue ou la prostitution.
Plusieurs acteurs, notamment des professionnels de l’accueil et des organisations de protection de l’enfance, soulignent que de nombreuses disparitions surviennent avant que la situation du mineur ne soit pleinement comprise, ce qui rend une action rapide difficile. L’établissement d’un lien de confiance est considéré comme essentiel pour prévenir les disparitions, mais les retards dans l’attribution d’un tuteur peuvent freiner ce processus. Le suivi individuel limité dans les grands centres d’accueil complique également les interventions précoces. Si chaque disparition est en principe signalée à la police, peu semblent donner lieu à une enquête formelle, ce que certains observateurs attribuent à un manque de ressources et à d’autres priorités.
Pour plus d’informations, veuillez consulter ce communiqué de presse (en néerlandais) publié dans De Standaard.