De plus en plus de signalements d'exploitation des travailleurs dans les salons de manucure
Bien que ce ne soit pas un phénomène nouveau, l’exploitation des travailleurs employés dans l’industrie des ongles a suscité une attention accrue ces dernières années. De nombreux rapports indiquent que ce secteur est une cible de choix pour la traite des êtres humains et l’exploitation économique.
Les salons de manucure (ou bars à ongles) sont régulièrement cités comme des secteurs connus pour la présence de travailleurs victimes d’exploitation économique ou de traite d’êtres humains. Dans son rapport 2022 sur la traite et le trafic d’êtres humains, Myria, le Centre fédéral Migration, soulignait déjà que les salons de manucure ont une forte propension à employer des travailleurs peu qualifiés et plus vulnérables à l’exploitation.
D’autres organisations actives dans la lutte contre la traite des êtres humains ont signalé que ce secteur était particulièrement exposé aux cas d’activités illégales. Le 18 octobre 2023, à l’occasion de la Journée européenne de lutte contre la traite des êtres humains, la Fondation Samilia a choisi la problématique de la traite des êtres humains dans le secteur des salons de manucure comme thème central de sa campagne de sensibilisation. La campagne s’est appuyée sur des témoignages, des informations fournies par les services d’inspection sociale et la justice, et a inclus des affichages dans les 17 stations de métro les plus fréquentées de Bruxelles. De plus, l’influenceuse Vanessa Licata a partagé une vidéo sur les réseaux sociaux pour expliquer la traite dans les salons de manucure à un public plus jeune. La campagne a également fourni un code QR renvoyant au site web de Samilia, offrant des informations supplémentaires et des numéros de contact pour les clients susceptibles d’être témoins de la traite ou pour les victimes elles-mêmes.
Plus récemment, les médias ont remis le sujet sur le devant de la scène, notamment en raison de la popularité des soins des ongles et de l’essor des salons de manucure à Bruxelles, notamment auprès des personnes d’origine asiatique. Les reportages font état de conditions de travail difficiles, de longues heures de travail, de bas salaires, d’une exposition à des produits chimiques agressifs, et même de confiscations de passeports et de menaces d’abus. En 2021, sur les 39 migrants vietnamiens décédés dans un camion frigorifique circulant entre la Belgique et le Royaume-Uni, dans ce qui est devenu la « tragédie de l’Essex », au moins une des victimes avait auparavant travaillé dans le secteur des bars à ongles en Belgique avant de tenter cette traversée illégale.
Pour plus d'informations, veuillez consulter les sources suivantes :
- Le rapport 2022 de Myria sur la traite et le trafic d’êtres humains (disponible en français)
- La campagne 2023 de Samilia « Sous le vernis à ongles, l’exploitation humaine »
Crédits photo © Samilia