38 membres du plus grand réseau de traite opérant en Belgique ont été renvoyés en correctionnelle
Trente-huit membres d’un réseau belgo-chinois de traite des êtres humains ont été formellement renvoyés devant le tribunal correctionnel par la chambre du conseil de Gand. Ils font face à plusieurs chefs d’accusation, notamment exploitation sexuelle, traite, proxénétisme, blanchiment d’argent et falsification de documents. Le Centre fédéral Migration, Myria, s’est constitué partie civile dans l’affaire, représentant les intérêts des victimes.
L’enquête a débuté en juin 2017 à la suite d’une intervention policière dans un lieu de prostitution connu près de la gare centrale d’Anvers, où deux victimes ont été entendues. Les premières constatations ont suggéré qu’elles avaient été contraintes par un réseau organisé à travailler dans plusieurs endroits à travers la Belgique.
Au fil des années, les enquêteurs ont reconstitué l’ampleur complète du réseau, qui aurait exploité plus de 1.000 femmes. Grâce à l’analyse des données téléphoniques et internet, aux témoignages des victimes, à de nombreuses perquisitions, à des appels anonymes et à la coopération avec Europol, l’enquête a permis de découvrir les vastes itinéraires de la traite, les lieux où les victimes étaient retenues, ainsi que les méthodes utilisées par le groupe pour recruter les clients et blanchir l’argent.
En février 2023, la police fédérale a arrêté 25 suspects dans plusieurs villes, dont Bruxelles, Anvers, Charleroi, Louvain, et même Barcelone. L’enquête approfondie a porté à 38 le nombre de personnes mises en cause, dont la plupart ont été placées sous contrôle judiciaire.
Les victimes, principalement recrutées en Chine, auraient été contraintes de remettre leurs passeports, isolées de tout contact extérieur et fréquemment déplacées pour empêcher toute fuite ou détection. Les principaux membres du réseau auraient géré des centres téléphoniques et loué des immeubles entiers à Bruxelles, où les victimes étaient forcées de fournir des services sexuels.
Trente-huit membres du réseau ont désormais été formellement renvoyés devant le tribunal correctionnel pour répondre à plusieurs chefs d’accusation. Le Centre fédéral Migration, Myria, s’est constitué partie civile dans cette affaire, soulignant la gravité des faits et l’importance de la représentation des victimes. Le procureur fédéral vise la confiscation de plusieurs centaines de milliers d’euros de produits criminels et entend mener des poursuites liées au meurtre d’une victime en 2023.
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